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[Séminaire] Territoires : environnement, ressources, mobilité

[Séminaire] Axe 1 > Jeudi 6 mai à partir de 14h15Frontière(s) et mobilités

Jeudi 6 mai 2021 de 14h15 à 16h30

Présentation générale

Agglomérations et espaces transfrontaliers, transformation des identités, coopérations (Medina, Diallo, 2020), intégrations économiques, politiques et culturelles sont autant de manifestations des dynamiques générées en Europe et dans le monde par les frontières politiques. Ces frontières sont aussi et, par essence, des lignes de clivage (Foucher, 1991) ou de passage à l’altérité (Reitel, 2008) ; elles sont axes de dysmétries tant en termes de développement, de trajectoires sociales et économiques que de législation. Elles sont cadre et prétexte à la réémergence de projets nationaux ou identitaires et, dans le même temps, conduisent à la paix en stabilisant les limites territoriales (Sorrel, 2018).
L’ambivalence est le propre de la frontière : les processus d’ouverture – inégaux dans leur géométrie – aux marchandises, services, capitaux, informations, moins aux hommes et femmes, dans l’espace et dans le temps, ont aussi été accompagnés par une démultiplication et une « réaffirmation » des frontières (terrestres, maritimes, juridiques, numériques…) (Foucher, 2019).
Les trois dimensions de la frontière – interface, discontinuité(s), ligne de partage entre souverainetés – génèrent mécaniquement flux (biens, services, capitaux, informations) et mobilités (personnes) ; ceci conformément à l’intérêt notamment économique d’un élargissement des horizons (transcender les discontinuités, Picouet, Renard, 2010) et de valorisation des gradients de discontinuité. Elles impliquent également et conséquemment le maintien d’une capacité de contrôle des flux et, en premier lieu, des mobilités, y compris au sein de l’espace européen de libre circulation – paradoxe des frontières qui à la fois renforcent et restreignent les mouvements –.
Le contexte actuel, dans lequel les mobilités sont, aussi et à nouveau, enjeu sanitaire de premier plan, fait émerger de nouvelles formes de contrôle des mobilités (passeport sanitaire, certificat vert numérique, applications de traçage des contacts anti-Covid et passerelle d’interopérabilité européenne…). Il invite ainsi à repenser les enjeux des mouvements de population vers ou à travers les frontières, sous l’angle social et familial, économique (dont l’accès aux marchés de l’emploi transfrontalier notamment), politique et symbolique…
Les mobilités qui se nouent autour des dyades sont tout à la fois conséquences, facteurs et clefs de compréhension des recompositions territoriales à l’œuvre, tant à l’échelle locale et nationale, que régionale et internationale. L’objet frontière transgresse, par là même, les appartenances disciplinaires pour mobiliser géographes, juristes, civilisationnistes, politistes, économistes... Le séminaire propose de croiser les regards de six chercheurs, issus d’horizons différents, tant en termes d’appartenance disciplinaire, de champ d’étude que d’échelle d’analyse. Quels dispositifs déploient des États riverains pour coopérer et organiser la gestion des mobilités transfrontalières ? Ces dispositifs sont-ils différents lorsque les États ont accepté, en amont, d’unir leurs marchés et/ou sont liés par un socle de valeurs communes ? Ou encore lorsque les mobilités – devenues migrations – sont externes aux entités territoriales et politiques d’accueil (extranéités géographique, culturelle et politique) ? Comment le droit, les discours politiques ou la société civile appréhendent-ils et répondent-ils à ces mobilités sans frontières ou aux frontières, effacées, maintenues ou réintroduites, comme l’illustre récemment le Brexit ?
Autant de questionnements qui seront soumis aux participants du séminaire, à travers les trois interventions de Lucile Médina (Géographe, Univ. Montpellier 3, ART-Dev), Ségolène Barbou Des Places (Juriste, Univ. Paris 1, IREDIES) et Edwige Camp (Civilisationniste, UPHF, CRISS), suivies de leur discussion, conduite en premier lieu par Bernard Reitel (Géographe, Univ. d’Artois, Discontinuités), Toni Marzal ( Juriste, Glasgow Univ. - School of Law) et Elsa Bernard (Juriste, Univ. Lille, CRDP/ERDP, Chaire Jean Monnet), puis par l’ensemble des participants au séminaire.

 

Coordination scientifique et animation : Marion Ho-Dac et Nicolas Rouget

  • Programme
  • Renseignements et inscriptions : nabila.daifi [at] uphf.fr