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[Publication] Le Fanatisme religieux du XVIe siècle à nos jours. Étudier, comprendre, prévenir

[Publication] Le Fanatisme religieux du XVIe siècle à nos jours. Étudier, comprendre, prévenirCet ouvrage rassemble les interventions qui se sont tenues lors de  la  journée d'étude portant sur "Le fanatisme religieux du XVIe siècle à nos jours" organisée en février 2015 à la Faculté des Lettres Langues Arts et Sciences Humaines (FLLASH-CALHISTE). Ces études ont été réunies par Charles Coutel avec la collaboration de Mokhtar Ben Barka et Olivier Rota.

ÉTUDIER. COMPRENDRE. PRÉVENIR. La réflexion pluridisciplinaire engagée ici se situe à la fois en amont et en aval du processus de fanatisation religieuse. À travers l’analyse de figures historiques (Castellion), de groupes religieux (les protestants, les puritains, les quakers), certains épisodes historiques (le processus de déchristianisation en 1793-1794 en France), ou certaines écoles philosophiques (les Lumières, Voltaire, Alain), toutes les contributions réunies dans le présent volume entendent réfléchir sur les conditions de la constitution du concept de fanatisme religieux comme objet de recherche et non de polémique. Pour cela, l’étude du milieu chrétien a été privilégiée; pour autant, les hypothèses et les conclusions avancées pourraient tout aussi bien s’appliquer à d’autres convictions religieuses et à d’autres religions. Car toute religion est, à cet égard, menacée par le risque de fanatisme, sans que cette dégradation soit jamais inéluctable.

Pr. Mokhtar Ben Barka

Mokhtar Ben Barka est professeur de civilisation américaine à l’université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Il est également membre du groupe de recherche CALHISTE. Spécialiste de la religion aux Etats-Unis, il a publié de nombreux articles et chapitres d’ouvrages sur la droite chrétienne, le protestantisme évangélique, le fondamentalisme, le télévangélisme, l’extrême droite américaine. Découvrez sa bibliographie.

 

3 questions au Pr. Mokhtar Ben Barka

L'Université : Pourquoi avoir choisi de vous spécialiser dans l’étude de la religion aux Etats-Unis ?
Pr. Mokhtar Ben Barka : Lors d’un séjour aux Etats-Unis, je me suis rendu compte de l’importance du fait religieux dans la compréhension de l’histoire et de la civilisation américaines.  J’ai donc fait le constat suivant : on ne peut pas comprendre la culture américaine sans tenir compte de la dimension religieuse. Ce qui m’a interpellé, c’est le paradoxe suivant : bien qu’il s’agisse d’un pays constitutionnellement laïc, la religion joue un rôle extrêmement important dans la vie politique. Par exemple, le président prête serment sur la Bible et  il y a aussi la devise « In God We Trust » qui figure au dos de tous les billets et des pièces de monnaie américaines.

La religion joue un rôle extrêmement important dans la vie politique

Quels sont vos projets ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille actuellement sur la présidence de Donal Trump et la droite chrétienne, plus précisément sur sa relation avec la religion et le lobby des protestants conservateurs. Je prévois également d’organiser un colloque sur la laïcité en 2018 à la Faculté de Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (FLLASH) en collaboration avec John Chandler, maître de conférences en civilisation américaine/littérature anglophone et Daniel Gregorio, maître de conférences en civilisation médiévale espagnole. Ce qui est intéressant dans le concept de laïcité c’est que chaque pays à sa propre définition, par ailleurs le mot « laïcité » est intraduisible en anglais.

Donald Trump a inauguré une nouvelle période : celle de l’imprévisible

Quel regard portez-vous sur l’élection de Donald Trump ?
Lorsqu’on se penche sur l’élection de Donald Trump et sur sa campagne électorale, on s’aperçoit qu’il a été soutenu par la droite chrétienne alors que d’habitude les conservateurs religieux ont toujours donné leurs voix à des candidats favorables au rétablissement des valeurs traditionnelles (programme ultra réactionnaire). Trump a divorcé 2 fois, il est à l’opposé de l’idéal judéo-chrétien mais ce qui a incité les conservateurs religieux à voter pour lui, c’est qu’il était contre le système ! Ils voulaient un homme qui n’a pas fait de politique (Trump est un homme d’affaires qui n’a jamais était élu comme gouverneur ni comme sénateur).  La force de Trump c’est que son « franc-parler » lui permet d’être perçu comme celui qui parle au nom des laissés-pour-compte.  Cette arrogance et cette violence passent aux Etats-Unis mais pas en France. Trump emploie un langage simple, compris de tous. Enfin, je dirais que Donald Trump a inauguré une nouvelle période : celle de l’imprévisible. Avec lui tout est possible, y compris le fait qu’il ne termine pas son mandat présidentiel.