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Hervé et Stéphane, on pense à vous

Témoignages du jeudi 13 mai

 Témoignage  de Stéphane (Promo LP JORIS 2007)
Hervé Ghesquière est un formateur hors pair, il vous transmet le virus et la passion, la technique et le flair, la rigueur et la précision.
Il vous file le goût du métier de journaliste comme personne.
En atelier de reportage, il sait se montrer disponible, attentif et ce qui le caractérise le plus finalement, c'est une forme de générosité. 
Ce n'est pas un tendre pour autant, il est frontal et les conflits de point de vue ont été nombreux pendant cette année de licence que j'ai suivie en 2007 à ses côtés, Hervé est exigeant, il a une très haute estime de son métier , il déteste l'à peu près et c'est aussi une de ses qualités.
Je suis heureux et fier de l'avoir eu comme formateur, je suis triste de le savoir captif des talibans depuis trop longtemps maintenant, je souhaite qu'il soit libéré le plus rapidement possible.
De tout cœur avec vous.

Témoignage de Mickaëlle (promo LP JORIS 2008)
Difficile de ne pas se souvenir d'Hervé Ghesquière. 
La première fois que je l'ai vu, c'était lors de mon entretien d'entrée en Licence JORIS. 
Alors que j'affrontais un jury de 8 profs avec qui le courant passait plutôt bien, Hervé m'avait descendue. Descendue car, moi, petite étudiante sans le sou, je lisais les journaux gratuits le matin plutôt que de m'acheter Le Monde. Descendue car je ne connaissais pas assez les évènements sur la guerre en Irak etc.
Je quittais le campus passablement démoralisée, persuadée que je ne serais jamais acceptée dans cette Licence que je convoitais tant. A mes parents, j'annonçais même un pauvre : "Laissez tomber, y'a un roux qui m'a démolie, c'est mort pour l'année prochaine !"
Pourtant, bien après, alors que je remplissais les dossiers pour entrer en fac, je reçus à ma grande surprise, une lettre, qui m'annonçait que -Ô joie !- j'étais acceptée à Valenciennes !
Bien entendu à la rentrée, j'apprenais par mes petits camarades que je n'étais pas la seule à avoir subi les foudres d'Hervé pendant l'entretien d'admission.
Je crois que chacun le redoutait déjà, avant même de l'avoir vu exercer en tant que professeur.
La semaine où il intervenait est enfin arrivée. La classe est restée très silencieuse quand il est entré dans la salle. Personne n'osait trop parler, et les rares élèves qui se risquaient à des bavardages se faisaient vite rappeler à l'ordre. L'autorité d'Hervé était telle qu'un simple regard suffisait à faire baisser les élèves réfractaires d'un ton. 
Alors que les débriefings aux retours de nos reportages en extérieur ont été très mal vécus par la majorité de ma classe, je fus une des rares qui pris bien les critiques des images que j'avais tournées.
Aussi curieusement que cela puisse paraître, je trouvais ses remarques très justes, comparé à mes camarades qui les trouvaient beaucoup trop sévères.
OUI, il était normal qu'Hervé trouve mes plans minables car ils avaient été tournés en caméra-épaule. Cela allait de soi qu'il aurait fallu prendre un pied ce jour-là pour cadrer mes interviews.
OUI, il était normal qu'il rouspète lorsque lors d'un reportage sur la musique, je ne laissais que quelques secondes seulement d'extrait sonore. Il fallait rallonger les passages musicaux pour donner envie au spectateur d'aller assister au concert.
Bref à force d'écoute, de persévérance et de questions bien posées, j'arrivais à instaurer avec Hervé Ghesquière un dialogue très constructif, qui ne virait pas aux éclats comme avec certains élèves.
Car bien qu'il soit très compétent, un des principaux défauts d'Hervé est l'exigence. Exigence envers les élèves, mais avant tout exigence envers lui-même.
Je compris alors que toute son ambition était de nous tirer vers le haut. Ses critiques, parfois très sévères, agissaient dans le but de nous faire réagir et de nous faire remonter la barre.
Aujourd'hui j'ai un CDI de cadreuse-monteuse sur Paris et j'applique toujours (consciemment ou non) certaines des bases qu'il m'a apprises.
La révélation de son nom sur France-Inter à son 104ème jour de détention fut un choc pour moi. Les images qui suivirent aussi. 
Personnellement je n'ai connu Hervé qu'en tant qu'élève (on pourra me reprocher que ça ne suffit pas), mais la rigueur, l'intransigeance et le sérieux d'Hervé ne peuvent que me prouver qu'ils n'ont pas agi par imprudence.
Je souhaite aux familles d'Hervé et Stéphane beaucoup de courage et de persévérance . 
Quoi qu'il arrive, je veux qu'elles sachent qu'elles peuvent être certaines qu'ils auront agi de manière décente et non démesurée. 
Aller dans un pays à risque pour que nous, français, puissions jouir d'un certain droit à l'information est extrêmement courageux. Aussi, je ne peux désormais que leur dire : Merci.