Appel à communication

L’erreur culturelle en traduction

22-24 mars 2018 - Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis

Ce colloque a pour but d’approfondir une réflexion autour des erreurs culturelles liées à la traduction. En matière de communication internationale – entre États, partis politiques, institutions, entreprises ou individus –, le traducteur joue un rôle clé en tant que médiateur entre langues et cultures. Transmettre correctement le message initial de l’énonciateur représente un défi considérable, des traductions erronées pouvant générer des incompréhensions, voire des différends ou même des conflits au niveau international. Une erreur peut biaiser la réception d’un pan entier d’une culture par une autre. Pour pouvoir effectuer une traduction fidèle à l’original, le traducteur doit être capable de mobiliser des connaissances approfondies de la culture source.

Que reste-t-il de la valeur d’un texte d’origine ou d’une pensée d’origine après qu’elle a traversé le filtre de la traduction, quand celui-ci déforme voire défigure ? Quelles conséquences peuvent entraîner les traductions erronées ? La traduction implique-t-elle une conversion culturelle de l’original ? Quelles erreurs et quelles omissions intellectuelles (délibérées ou accidentelles) ont paru dans des traductions de textes scientifiques ? Comment cela a-t-il pu mener à des conséquences désastreuses ou étonnamment fructueuses pour la recherche ? Dans le contexte de telles interrogations, les communications pourraient examiner les œuvres littéraires, théoriques, philosophiques ou scientifiques qui, en raison d’erreurs culturelles, ont eu une réception autre en traduction que dans leur langue d’origine.

L’analyse de ces cas d’erreur pose nécessairement, à un moment ou à un autre, la question de la définition du périmètre de l’erreur : où commence l’erreur ? À partir de quel degré d’éloignement du texte original peut-on considérer qu’il y a erreur ? On sait bien que ce qui a pu être considéré comme acceptable, normal voire souhaitable à une époque a pu tomber en disgrâce aux siècles suivants. Cela amène donc à reconsidérer ces erreurs d’un point de vue historique et contextuel en vue de nourrir une histoire critique de la traduction.

Enfin, il conviendra d’interroger la notion d’erreur dans une perspective également productive, comme le suggère Nicolas Froeliger prenant ses distances vis-à-vis de Marianne Lederer et vantant une « intelligence de l’imperfection » : « Il existe en effet des erreurs intelligentes, c’est-à-dire révélatrices d’un état d’esprit, d’une démarche de pensée qui permet de mieux comprendre ce qu’aurait dû ou pu être une traduction réussie. Loin de les condamner ou de les fustiger, il convient d’en user : elles sont un moyen d’accès à une réflexion argumentée. » (Les noces de l’analogique et du numérique. De la traduction pragmatique, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Traductologiques », 2013, p. 25-26)

Les pistes de réflexion suivantes sont suggérées mais ne se veulent pas limitatrices :

  • les erreurs culturelles dans la traduction littéraire (poésie, prose, théâtre)
  • la traduction d’œuvres musicales à l’épreuve des erreurs culturelles
  • la traduction/ transposition (films, œuvres théâtrales, séries, etc.)
  • les erreurs culturelles dans le sous-titrage de films
  • les traductions erronées dans les langues des signes
  • les défis de la traduction dans un contexte migratoire intense

Nous vous prions de soumettre votre proposition d’environ 350 mots accompagnée d’une courte bibliographie avant le 10 mai 2017 dans un fichier Word qui porte votre nom comme titre. La durée des communications sera de 20 minutes, les langues des résumés et des communications seront l’anglais et le français.

Contacts

  • Stephanie Schwerter : stephanie.schwerter [at] univ-valenciennes.fr
  • Thomas Barège: thomas.barege [at] univ-valenciennes.fr
  • Marc Lacheny:  marc.lacheny [at] univ-lorraine.fr
  • Nadine Rentel: rentel [at] hotmail.com