E-diagnostic
CoursOutils transverses

La sûreté de fonctionnement homme-machine

La sûreté de fonctionnement est définie comme la science des défaillances. Dans un cadre plus général, nous parlerons de la science des dérives de fonctionnement.

Différents concepts peuvent alors être défini :

  • Un symptôme est une observation de dérive.

  • L'erreur est une dérive entre ce qui se passe réellement (le réel) et ce qui aurait dû se passer (le prescrit).

  • Une défaillance est une dérive d'aptitude.

  • Une faute est une dérive inacceptable

Dans différentes communautés, la définition de ces notions peut varier.

En général, pour étudier la sûreté de fonctionnement d'un système, on évalue ses propriétés. Pour un composant technique, on s'attachera à étudier la fiabilité, la disponibilité, la maintenabilité ou la sécurité :

  • La fiabilité est la capacité d'un composant à réaliser les fonctions qui lui sont allouées dans un intervalle de temps donné.

  • La disponibilité est la capacité d'un composant à être prêt à réaliser ces fonctions à un instant donné

  • La maintenabilité est la capacité d'un composant à être maintenu ou réparé afin de pouvoir réaliser ces fonctions

  • La sécurité est la capacité d'un composant à éviter l'occurrence d'événements catastrophiques.

Les caractéristiques d'un opérateur humain peuvent être assimilées à celles des composants techniques. Toutefois, en général, la notion de fiabilité humaine est aux facteurs humains ce que la sûreté de fonctionnement est aux facteurs techniques.

La fiabilité humaine concerne souvent la tâche à réaliser plutôt que la fonction. La tâche et la fonction renvoient à une notion commune : le but à atteindre. La fonction est liée à l'objectif du procédé piloté, c'est-à-dire au service rendu par celui-ci, la tâche est liée à l'objectif du moyen technique ou humain qui réalise cette fonction. Pour réaliser une fonction donnée, le comportement humain est subordonné à une prescription appelée tâche et ce qui est mis en oeuvre pour la réaliser est l'activité. Une erreur humaine renvoie alors à une dérive entre tâche effective, modèle issu de l'analyse de l'activité, et tâche prescrite, modèle de ce qui devrait être réalisé. Toutefois, l'omission d'une tâche peut être assimilée à une cessation de l'aptitude humaine et la réalisation incorrecte d'une tâche à une altération des capacités humaines. Les notions d'erreur et de défaillance humaines peuvent donc être confondues, et les concepts d'erreur ou de fiabilité humaines se rattachent à la capacité d'un opérateur humain à réaliser ses tâches respectivement avec ou sans dérives de comportement.

La fiabilité humaine est donc relative à l'exécution correcte de l'ensemble des tâches de l'opérateur regroupant les tâches de surveillance du comportement d'un procédé donné, les tâches de contrôle de la sécurité du système homme-machine, les tâches de prévention et de récupération d'erreur humaine ou technique. En prenant en compte les contraintes d'interaction avec les tâches des autres opérateurs humains et celles des systèmes automatisés au travers d'interfaces de dialogue homme-machine, un opérateur humain doit par conséquent :

  • prendre les décisions adéquates pour optimiser le fonctionnement du procédé dont il a la charge,

  • récupérer les dérives anormales de fonctionnement du procédé ou de lui-même, en particulier celles que le système automatisé ne sait pas prendre en compte,

  • contrôler les risques associés à ces dérives sans obligatoirement tenter de les récupérer mais en adaptant les modes opératoires initiaux,

  • éviter l'occurrence d'événement catastrophique dû à ces dérives,

  • et réguler sa propre activité afin d'être prêt à réagir ou de maintenir ses propres connaissances.

Ainsi, la fiabilité humaine est définie comme la capacité humaine à réaliser les tâches requises correctement et ne pas réaliser d'autres tâches nuisibles au bon fonctionnement du procédé. L'erreur humaine est son complémentaire : c'est la capacité humaine à ne pas réaliser les tâches prescrites correctement ou à réaliser d'autres tâches nuisibles au bon fonctionnement du procédé.

Le bon ou le mauvais fonctionnement d'un système est alors lié à une dérive entre un comportement réel et un comportement prescrit ou à un écart dans le résultat de cette dérive.

Le diagnostic d'une telle dérive de comportement ou de résultat est le processus d'évaluation d'un état de fonctionnement donné

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