La philosophie et la science politiques

AGMEN

AGMEN rassemble des enseignants-chercheurs en Droit public, en Histoire du Droit et en Sciences politiques. Sa création a répondu au souci, encore diffus à l'origine, d'éprouver la capacité des disciplines qu'il lui fallait bien fédérer à s'éprouver dans l'épreuve, c'est-à-dire à se penser elles-mêmes en pensant le défi que constitue pour elles la montée en puissance des techno-sciences. Ce phénomène, on le sait, affecte si profondément et de telle façon les domaines qu'elles ont en charge d'étudier, qu'en interroger l'impact sur l'identité qui les constitue s'imposait naturellement.

Les axes de recherche développés portent plus particulièrement sur :

  • les problèmes de normativité propres aux domaines juridique et politique d'un côté, techno-scientifique de l'autre : les travaux menés dans ce cadre s’intéressent aux problèmes soulevés par le contrôle normatif de phénomènes eux-mêmes déjà largement auto-normes par nature. La mise en évidence de ce problème d'excédent normatif est né de la rencontre, d'une part, des régularités de la nature inanimée, des règles opératoires qui permettent de les approcher et des régulations techniques émergentes avec, d'autre part, la normativité décrétée, juridique - qui correspond elle-même aussi bien à la rationalisation a posteriori de conduites collectives constatées.

  • les outils nécessaires à leur analyse, que l’on peut regrouper en quatre « P » : Protocole, Procédure, Procès, Processus : chacun de ces termes présente la particularité d'ouvrir tout à la fois sur le monde politico-juridique et sur l'univers des sciences et techniques, mais aussi, de faire tenir ensemble l'idée d’une suite ordonnée de règles et celle d’une progression lié à l’ordre de ces règles.

  • l'analyse du rapport existant entre normativité décrétée et normativité émergeante

  • l'intégration dans la théorie politique et juridique des effets de la procéduralisation de la vie publique moderne, dont l'origine se trouve dans le souci exprimé après le second conflit mondial de renforcer les dispositifs de protection contre toutes formes d'abus de pouvoir.

  • l’intégration dans la théorie politique et juridique des effets actuels de ce qu'on a appelé la « puissance du rationnel », c'est-à-dire de la portée, au sens plein du terme, métaphysique, d'un événement comme le développement indéfini de ce que Popper avait appelé, en son temps, le Monde 3.

  • l'intégration dans la théorie politique et juridique de l'analyse de la rencontre de ces deux phénomènes.