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Axes de Recherche

Axe 5 - THEMOS - THéorie, Modèles, Systèmes

Responsables d'axe : Hervé Mauroy (HM) et Alain Jenny (AJ)

1. Présentation de Thémos

Thémos organise depuis juin 2011 une réflexion interdisciplinaire réunissant des enseignants-chercheurs d’horizons différents (sciences politiques, droit, économie…) et établis pour l’essentiel à la Fdeg et à l’Ipag. Il est également ouvert à tous les membres de l’IDP : les collègues intéressés se joignent occasionnellement ou régulièrement au groupe pour les travaux et journées d’études les intéressant au premier plan. Les membres de Thémos sont de plus pour la plupart intégrés dans divers réseaux (par exemple Observatory on Local Autonomy, Société d’histoire du droit, Association française d’histoire des idées politiques…). Thémos offre un cadre cohérent pour des chercheurs qui, jusqu’alors, appartenaient à de petites équipes (Agmen, Erudi…).

1er cercle de Thémos (9 membres) : Silvano Aromatorio (MCF sciences politiques), Alexandre Bonduelle (MCF Droit), Pierre Bouopda (MCF sciences économiques), Solange de Carbonnières-Segala (MCF Droit), Emmanuel Cherrier (MCF sciences politiques), Alain Jenny (MCF sciences politiques), Hervé Mauroy (MCF sciences économiques, responsable de la gestion et de l’animation de Thémos), Sébastien Plociniczak (MCF économie), Hicham Rassafi (Doctorant Droit). 

Les membres de Thémos se sont réunis avant tout pour procéder à l’analyse approfondie des « méthodes » utilisées dans leur domaine de recherche respectif (sciences politiques, économie, droit…) sur la base d’un questionnement commun. Ils s’appuient pour ce faire sur le caractère interdisciplinaire de leur association, l’interdisciplinarité étant vécue ici comme une nécessité.

Sur un plan externe, des champs tels que l’économie, les sciences politiques, le droit… doivent s’affronter à un monde d’une part transformé par les technosciences, d’autre part dominé par des discours de plus en plus « scientifiques ». Sur un plan interne, ces disciplines sont confrontées de façon générale au renforcement de l’influence de la logique formelle (sous la forme notamment d’une généralisation du recours aux « mathématiques »). Ce processus est particulièrement aigu dans le domaine des sciences économiques où la modélisation de la pensée et le recours aux présentations formalisées se sont généralisées (cf. l’influence désormais décisive de la théorie des jeux, la multiplication des modèles…). Ce processus est aussi présent dans le champ des sciences politiques où la réflexion sur le politique (en particulier le bien commun et les moyens d’y parvenir) a cédé souvent le pas à des études plus circonstanciées et plus étroitement spécifiques sur la politique. Enfin, ce processus n’a pas épargné le droit où, par exemple, le recours aux systèmes d’aide à la décision (sous la forme de systèmes-experts) tend aujourd’hui à se répandre…

Pour les membres de Thémos, il n’est pas question de nier les gains de la formalisation de la pensée, par exemple de refuser en économie le recours aux modèles mathématisés. C’est bien dans le « modèle » que l’on obtient souvent le maximum d’efficacité. Mais, dans le même temps, un tel développement de la logique formelle dans chaque champ disciplinaire mérite d’être questionné en profondeur. Il pourrait conduire en effet à la réduction de nos sciences (les sciences « dites douces ») à une prolifération de « recettes » prêtes à l’emploi, voire même de simples « bricolages » (d’autant plus que ces derniers s’avèrent déjà parfois, objectivement, la résultante de simples stratégies de valorisation personnelle). La dimension ritualisée du travail de recherche ne risque-t-elle pas autrement dit de prendre le dessus sur la réflexion véritable ? Ne risque-t-on pas d’être happés par une aventure sans être véritablement à la hauteur ?

Face aux risques d’une théorisation excessive sans l’esprit, le questionnement commun des membres de Thémos porte ainsi sur l’ « équation de vérité » propre à chaque discipline. Il s’agit pour chacun de s’interroger sur l’adéquation de la logique interne propre à sa discipline avec le segment du réel qu’elle a à connaître. Dans le souci de proposer des modes d’investigation et d’action soucieux de vérité sur le terrain de la recherche, il s’avère évidemment nécessaire de creuser toujours davantage. Pour ce faire, les membres de Thémos opèrent ensemble une réflexion sur les rapports entre théories et pratiques et sur les modes d’élaboration des modèles au sens de théories de la représentation du réel. Afin d’apprécier comment agir avec méthode, un questionnement commun sur la logique de la formalisation et les enjeux cognitifs sous-jacents est mis en œuvre. Par exemple, la mathématique, qui renvoyait autrefois au pur raisonnement, puis aux aspects calculatoires, est envahie aujourd’hui littéralement par la dimension algorithmique (en particulier sous l’influence de la diffusion de l’informatique), ce qui n’est pas sans conséquence.

Sur la base de cette réflexion commune, Thémos intègre de multiples travaux tentant de respecter les méthodes d’action ainsi préconisées. Les publications des membres de l’IDP orientées entièrement ou en partie sur l’histoire des idées politiques, juridiques et/ou économiques, la socio-économie et le droit public sont intégrées dans ce cadre.

2. Les journées d’études, colloques et les ouvrages associés depuis la création de Thémos

Thémos (depuis juin 2011, date de sa création après la refonte de l’IDP) a organisé une série de journées d’études et de colloques dont certains ont fait l’objet d’une publication et a fait éditer directement des ouvrages collectifs (voir dans la liste ci-jointe). Dans ce cadre, un cycle central de journées d’études / colloques porte bien sûr directement sur la thématique générale de l’axe de recherche (la modélisation et l’équation de vérité propre à chaque discipline). D’autres contributions relèvent de préoccupations propres à certains membres de Thémos.

Autour de la thématique centrale de Thémos :

1. Vérité scientifique et vérité politique de notre temps, ouvrage collectif (avec comité scientifique et de lecture) publié aux Presses Universitaires de Valenciennes, collection « Pratiques (et représentations) », direction : Alain Jenny, 2012.
Cet ouvrage a marqué véritablement les débuts du passage d’Agmen en Thémos. Contenu : La question de la vérité constitue l’enjeu politique majeur de notre temps. Elle grandit en importance à proportion que le monde se mondialise en se technicisant, à mesure que le monde se transforme davantage en un techno-monde. Avec l’accélération du progrès scientifique, il est simplement devenu illégitime de penser les rapports existant entre science et politique sans les rapporter à la notion de vérité, qui pose tout à la fois la question de la cohérence, de l’adéquation interne à soi et de la correspondance c’est-à-dire de l’adaptation externe à ce qui n’est pas soi. La vérité nous est précieuse parce qu’elle permet de poser la même question essentielle dans des domaines très différents. Elle est la seule valeur à partir de laquelle l’unité de la société peut être pensée dans le respect de la spécificité des activités qui s’y déploient. Jamais, donc, il n’a été plus urgent de mettre, sinon en phase, sinon du moins dans une situation d’échange, la vérité politique et la vérité scientifique.

2. Vers une société modèle ? : Appréciations critiques de la dimension explicative, prédictive et normative des modèles, 1ère journée : autour de l’économie, journées d’études organisée le 16 juin 2011, co-direction par Hervé Mauroy et Alain Jenny, organisation par Hervé Mauroy.
Cette journée d’études a inauguré le cycle de réflexion sur la théorie des modèles et a constitué le premier aboutissement du questionnement commun dans le cadre de Thémos. Elle a donné lieu à deux séries d’interventions et de travaux. La première était centrée sur le « modèle et son passé » avec quatre contributions (sur « Des modèles et des hommes : enjeux cognitifs et politiques », « La mémoire et la limite des plaisirs dans la philosophie épicurienne et en économie », « La convention de David Hume à David Lewis », « David Hume, économie des conventions et théorie des jeux ») Le seconde partait portait sur « De l’existence d’un bon modèle et de son utilité » avec quatre contributions (sur « La simulation centrée Individus », « De l’utilité de la modélisation économique »,« De la transposition des modèles alternatifs de l’économie dans la théorie pure du commerce international », « Aller et retour entre théorie et empirique dans la littérature du commerce international : l’exemple du commerce intra-branche »).

3. L’Etat surmené entre indécidable et ingouvernable : une perspective luhmannienne par Louis Baslé, journée de rencontre du 16 mars 2012, organisation par Hicham Rassafi.
Cette journée rentre dans le cadre d’un programme parallèle visant à favoriser des rencontres avec un ou plusieurs conférenciers travaillant sur des domaines pouvant éclairer les membres de Thémos (par exemple relatifs aux théoriciens de l’auto-organisation). 

4. Evolution et histoire, colloque organisé sur trois journées (19-20-21 septembre 2012) et à comité de lecture et de sélection, sous la présidence d’honneur de Bernard Bourgeois (membre de l’Institut), co-direction et organisation par Hervé Mauroy et Alain Jenny.
Ces trois journées consécutives ont visé à la poursuite de la réflexion sur la théorie des modèles en l’intégrant cette fois dans la durée et le devenir. Les travaux, fondamentalement interdisciplinaires, ont été organisés autour de trois axes : 1) le concept d’évolution et ses modèles, 2) le concept d’histoire et ses modèles, 3) l’examen des enchevêtrements de ces deux modèles. 
Liste des interventions : Bernard Bourgeois, Alain jenny et Hervé Mauroy « Introductions générales des études », Charles Coutel « Popper et la question du monde 3 », Bruno Kestemont « Les modèles de développement et les histoires d’évolution à l’épreuve de l’incertitude radicale et de l’irréversibilité », Pierre Bouopda « De la politique de mise en valeur à celle de développement économique : essai d’illustration de l’instrumentalisation de l’évolutionnisme », Bernard Saura « Evolution et développement durable », Emmanuel Cherrier « Lois de l'Histoire - lois dans l'Histoire, retour sur une approche scientifique », Hervé Mauroy « Hayek lecteur de Mandeville : aux origines des théories de la formation des ordres auto-organisés », Francis Kaplan « Le paradoxe de la vie (l’évolution et la question du hasard) », Nicolas Gallois « Le darwinisme social dans la France du 19ème siècle (d’une théorie de l’évolution à l’évolution de la société) : l’apport des économistes », Christian Schmidt « Théorie de l'évolution et analyse des interactions humaines de Darwin aux Neurosciences », Ludovic Desmedt « Le processus de civilisation, la monnaie et la finance : l'analyse de David Hume », Joëlle Zask  « Darwinisme et pragmatisme »,  Laurent Gallois « Histoire et évolution selon Kant », Nathalie Lazaric « Nature de l'histoire et processus de sélection dans les théories évolutionnistes ».

5. L'analyse économique du droit comme herméneutique du soupçon, par Régis Lanneau, journée de rencontre du 20 mars 2013, organisation par Hicham Rassafi.
Cette brève journée de rencontre  relève du programme de Thémos sur la relation droit-économie. 

6. Evolution et histoire, ouvrage collectif publié chez L’Harmattan, collection Questions contemporaines) » en 2014, direction : Alain Jenny et Hervé Mauroy.
Liste des contributions :
Présentation (Alain Jenny et Hervé Mauroy), Introduction : la difficile pensée du devenir (Alain Jenny), La Technique entre Evolution et Histoire (Franck Tinland)
1) L’histoire
- Lois de l’Histoire, lois dans l’Histoire, retour sur une approche scientifique (Emmanuel Cherrier),
- La philosophie critique de l’histoire au cœur de la pensée de Raymond Aron (Stephen Launay)
2) L’évolution comme développement dans l’histoire avant Darwin :
- Histoire et évolution selon Kant (Laurent Gallois)
- Histoire et évolution dans la perspective d’Auguste Comte (Angèle Kremer-Marietti)
3) L’évolution
- Les modèles de développement et les histoires d’évolution à l’épreuve de l’incertitude radicale et de l’irréversibilité (Bruno Kestemont)
- L’enjeu de l’évolution biologique (Francis Kaplan)
4) L’évolution comme sélection dans l’histoire après Darwin
- Hayek lecteur de Mandeville : aux sources des théories de la formation des ordres sociétaux auto-organisés (Hervé Mauroy)
- Karl Popper et la question du Monde 3 (Charles Coutel)
- Évolutionnisme et pragmatisme (Joëlle Zask)
5) Illustrations
- De la politique de mise en valeur à celle du développement économique : Essai d’illustration de l’instrumentalisation de l’évolutionnisme (Pierre Bouopda)
- Le portrait monétaire antique et le revers de la médaille : Histoire, évolution et catastrophes (Alain Jenny)

7. Les modèles constitutionnels, colloque organisé le 13 novembre 2014, co-direction et organisation par Silvano Aromatorio et Solange de Carbonnières-Segala.
Ce colloque a visé à la poursuite de la réflexion sur la théorie des modèles en se centrant cette fois sur la question des « modèles constitutionnels » (qui peuvent être présentés comme des schémas explicatifs des régimes politiques). Le travail rédactionnel d’une Constitution ne part pas forcément d’une feuille blanche. Quelle est alors la place des modèles constitutionnels lorsque l’on décide de rédiger une Constitution ? Les travaux ont été organisés autour de deux axes : 1) Les modèles constitutionnels à travers l’Histoire, 2) Les modèles constitutionnels dans le monde contemporain.
Liste des interventions : I) Existe-t-il un modèle constitutionnel de l’Ancien Régime ? (Philippe Pichot-Bravard),  La modélisation à la fin du XVIIIe siècle (Sylvain Bloquet), L’évolution de la Constitution Américaine à l’épreuve de l’expérience révolutionnaire Française (Stéphane Roux), Modèle constitutionnel et transition constitutionnelle : l’exemple de la période 1870-1875 (Isabelle Thumerel), II) La Constitution de 1958 met-elle en œuvre un modèle de régime parlementaire ? (Antoine Faye), Le mimétisme constitutionnel africain : l’exemple Congolais (Delphine  Pollet-Panousis), Témoignage au départ de l’expérience Tunisienne (Francis Delperee, ancien membre du comité de rédaction de la Constitution Tunisienne)

8. Une approche critique des procédures d’engagement en droit de la concurrence de l’union européenne, par Frédéric Marty et Mehdi Mezagher, journée de rencontre du 04 décembre 2014, organisation par Hicham Rassafi, Julien Icart et Hervé Mauroy.
Cette journée de rencontre  relève du programme de Thémos sur la relation droit-économie. 


Autres journées d’études organisées par les membres de Thémos :

Outre les travaux réalisés autour de la réflexion commune aux membres de Thémos, l’IPAG organise des journées d’études spécifiques.

1. Services publics et idéologie(s), journée d’études organisée le 10 avril 2014, co-direction et organisation par Emmanuel Cherrier et Stéphane François.
Liste des interventions : L’extrême-droite et le service public (Stéphane François), Libéraux, libertariens et service public (Sébastien Care), Le centre, le gaullisme et le service public (Emmanuel Cherrier), Parti socialiste et social-démocratie face au service public (Laurent Bouvet), Ecologie politique et la notion de service public (Bruno Villalba), PCF, extrêmes-gauches et vision du service public (Dominique Andolfatto).