Mise en oeuvre de la visioconférence IP

Important : les pré-requis

    Contrairement aux applications traditionnelles de l'internet (messagerie, Web, transfert de fichier), la visioconférence sur IP est soumise à des contraintes fortes aux niveau de la transmission des informations. En effet, autant on peut admettre qu'un mail nous parviennent avec un délai de transmission important (voire de plusieurs jours), autant on n'admet absolument pas de recevoir une information sonore hachée ou avec des pertes de message. La visioconférence IP est une chaine de bout en bout entre chaque site où chaque maillon est essentiel.

    Tous les Etablissements d'Enseignement Supérieur ont  leurs autonomies, leurs particularités, leurs différences, leurs inégalités. Cette situation est identique également pour  tous les Réseaux Régionaux. Compte tenu de cette disparité, on ne peut pas affirmer de  façon générale qu'un site sera capable de communiquer en visioconférence. Certains pourront sans problème, d'autres ne pourront pas du tout et d'autres seront dans une situation intermédiaire. On peut dire toutefois que le réseau Renater est aujourd'hui en mesure de supporter ce type d'application.

Le déploiement de la visioconférence IP sur un campus est un projet global d'établissement où :
    - le Président à la responsabilité de préparer le déploiement de la visioconférence sur son établissement : dégager des compétences et des ressources humaines, assurer des plans de formation, prévoir les investissements nécessaires.
    - le CRI ou service informatique et réseau évalue la faisabilité, se charge de la sécurité et met en place de nouveaux services communs :
        * pont multi-utilisateurs H323, passerelle H320/H323, gatekeeper,
        * IP multicast avec raccordement au MBone,
   - l'utilisateur exploite les services selon les chartes d'utilisation de l'établissement.

Suite à des expérimentations à travers Renater, voici quelques recommandations :

    1) Débit d'accès  :
    Le débit minimum requis que l'on peut conseiller est de 2 Mb/s. Disposer d'un débit d'accès important ne veut pas dire qu'on dispose d'un débit suffisant. En effet le taux de saturation moyen peut être élevé. On n'est pas à l'abris de "burst", c'est à dire de montée en charge temporaire de la liaison.
Il convient donc de consulter les mesures fournies par l'opérateur du réseau régional et celles effectuées par l'établissement. Au besoin mettre en place des outils de métrologie. Un taux de charge moyen de 30% correspond à une valeur correcte. Au delà, il conviendrait de prévoir des augmentations de débit.

    Si le débit d'accès n'est pas suffisant et ne peut pas être augmenté, il est toujours possible de déployer des services de visioconférence IP sur le réseau de campus et de  mettre en place une passerelle pour les communications RNIS (en H320). Ceci à condition que l'architecture réseau du campus soit adaptée. Chaque utilisateur pourrait quand même utiliser son poste de travail pour établir des visioconférences vers des terminaux H320.

    2) Architecture du réseau du campus :
    Il peut arriver qu'on dispose d'un accès suffisant mais que les problèmes persistent. Il convient donc d'examiner l'architecture physique et logique du réseau. Des problèmes que l'on ne soupçonnent pas peuvent se réléver grâce aux applications de visioconférence. Par expérience, voici quelques problèmes déjà rencontrés :

    rien ne passe :
        En général, on arrive toujours à résoudre le problème.
        - souvent le problème provient des filtres mis en place, il est nécessaire d'ouvrir des ports.  se reporter au chapître sécurité.
        - votre terminal de visioconférence dispose d'une adresse IP privée, il convient encore aujourd'hui de disposer d'une adresse publique (même si des solutions techniques commencent à émerger).
        - votre terminal de visioconférence H323 est gérée par un gatekeeper qui n'autorise pas certains appels, se rapprocher de l'administrateur du service.
        - dans de rare cas, en H323, on peut rencontrer des problèmes d'interopérabilité entre terminaux de visioconférence. La complexité du protocole fait  que certains constructeurs n'implémentent qu'une partie des spécifications.

    on constate des coupures momentanés du son :
    Son  haché, image  figée, c'est la situation la plus courante et la plus problématique. Si les coupures sont très courtes et très occasionnelles, on peut dire que c'est normal. Sinon, en supposant que le débit d'accès du site est adapté, que le site distant est capable de recevoir des appels et que les périphériques audio/vidéo au terminal de visiosonférence sont corrects :
        - vérifier la charge du  routeur d'entrée, peut être est-il mal adapté : CPU trop chargée, pas assez de mémoire, trop de filtres mis en place,
        - vérifier les équipements de commutation et surtout  les répéteurs qui se situent entre le routeur d'entrée et le terminal de visioconférence. Un Hub 10Mb/s  avec des collisions peut être à l'origine du problème, un flux vidéo de 512Kb/s sur ce hub aura des conséquences néfastes et contribuera à augmenter les collisions,
    Régler ces problèmes contribue  en plus à améliorer en général  le service réseau du campus pour les applications usuelles.

    La qualité de l'image n'est pas bonne :
    - Vérifier d'abord la qualité de la caméra, un webcam sur port USB n'est pas de même qualité qu'un camescope numérique !
    - Vérifier les paramètres de bande passante de votre application de visioconférence. Par exemple sur Netmeeting, paramétrer la bande passante sur réseau local
    - Un PC trop ancien aura des difficultés à afficher les images
    - Si vous passer un appel à travers une passerelle H320/H323 avec un débit de 128Kb/s en H320,  il faut 2 à 3 fois plus de débit en H323, c'est à dire jusque 384Kb/s.  Ceci s'explique car les paquets IP contiennent des entêtes qu'il faut aussi transporter. Un appel en 128Kb/s en H323 ne pourra pas donner une bonne image en H320.

    3) Validation et test
     Vous pensez disposer d'un débit suffisant et d'une bonne architecture réseau, il faudra néanmoins effectuer des tests de validation à différentes heures de la journée. Le taux d'utilisation du réseau varie tout au long de la journée. Se reporter aussi aux mesures effectuées par les outils de métrologie. Ceci est valable aussi sur le réseau régional et malheureusement pas toujours maitrisable par l'établissement.